BILLY JOEL - 52nd STREET (1978)




Il aurait pu être …

… Bob Seger, Bruce Springsteen, Randy Newman ou Elton John … la place de ces quatre là étant déjà prise, il se contentera d’être Billy Joel. Ce qui n’est si mal, il s’en est bien sorti, merci pour lui …
Surtout vers la fin des années 70, où ses disques, celui-ci, son prédécesseur « The Stranger », dégoulinaient de hits dont étaient friandes les FM américaines. Sur ce « 52nd Street », la locomotive mondiale s’appelle « Honesty », magnifique mélodie et ballade classieuse, même si elle a tendance à parfois frôler les rivages pompiers et grandiloquents propres à ce genre d’exercice. Tous les amateurs de musique centriste américaine de l’époque ont également plébiscité le rock’n’roll enlevé de « Big shot », et le superbe « My life », un titre à rendre McCartney jaloux, et qui reprend les choses là où Tatie Elton John les avait laissées avec « Goddbye yellow brick road ».
Ces trois titres s’enchaînant au début du disque, le restant peine à soutenir la comparaison. Avec quelques machins assez anodins, la ballade héroïque « Until the night », l’espagnolade FM « Rosalinda’s eyes » (comme une rencontre impromptue et improbable entre Mink DeVille et Toto), et même une paire de morceaux franchement ratés, « 52nd Street » heureusement bien court, et « Half a mile away » où Billy Joel n’est guère crédible dans le registre rythm’n’blues. Parce que Billy Joel n’est guère un rustique. Un temps présenté comme un rival du garagiste du New Jersey à chemise à carreaux Springsteen (d’ailleurs surtout par leur maison de disques commune, Columbia, qui profitait de cette émulation de pacotille pour booster la carrière des deux), Billy Joel incarnera l’image du musicien (il est pianiste, assez doué même paraît-il), coqueluche du bobo urbain amateur de rock mainstream. Témoin le précieux et travaillé « Zanzibar », paraît-il hommage à Steely Dan plutôt qu’à Freddy Mercury, mais qui finalement hésite entre plusieurs genres, n’est pas vraiment rock, pas vraiment jazz, pas jazz-rock, et surtout pas terrible …
La production du disque est chiadée, cherche à séduire le plus grand nombre, c’est évident. Billy Joel est un pur produit du music business américain, à destination du public américain. Ses disques sont sinon cruciaux, du moins intéressants, et on a du mal à imaginer en France où il n’est guère connu et a très peu tourné, que ce gars est une institution qui a vendu des dizaines de millions de disques chez lui aux States …

















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