OASIS - (WHAT'S THE STORY) MORNING GLORY ? (1995)


La consécration

Plus anglais et plus grandes gueules qu’eux, difficile de trouver mieux. Tellement ancrés dans le patrimoine musical de l’île qu’ils sont vite devenus une caricature, d’eux-mêmes d’abord, et du rock à guitares de la seconde moitié des années 90 ensuite.
Oasis, la chose des frères Gallagher. Enfin, surtout de l’aîné, Noel, roadie-guitare des peu inspirés Inspiral Carpets, lui-même guitariste moyen, gras et lourd, mais habile compositeur, qui, quand il aura bien vu et compris ce qui agite le rock’n’roll circus, montera son propre groupe. Avec son cadet, Liam, encore plus tête brûlée que lui, mais grand chanteur, et quelques faire-valoir interchangeables.
Vous êtes sûr que vous en faites un peu trop, les gars ?
Ayant parfaitement compris que faire parler de soi, c’est au moins aussi bien que de sortir de bons disques, les Gallagher vont pousser le bouchon de la communication  plutôt loin. Avant même d’écouter leurs disques, on savait qu’ils étaient de Manchester, supporters  hooliganesques de Manchester City, prolos et fiers de l’être, électeurs du Parti Travailliste. Toute une esthétique savamment entretenue qui en fera le prototype des lads (en gros les mauvais garçons) provinciaux. Les Gallagher sont ambitieux, ils veulent faire d’Oasis le plus « grand » groupe du monde, et ils y arriveront. En s’inspirant de choses qui ont déjà fait leurs preuves, les Beatles de 66-67 et les Stones de 68-69.
Après une première livraison  époustouflante au succès phénoménal (« Definitely maybe »), une guerre médiatique Blur – Oasis savamment (?) entretenue par les frères Gallagher, la pression sur le groupe était énorme. « … Morning glory » était un des disques les plus attendus (au tournant) des années 90.
Le résultat sera à la hauteur de toutes les espérances. Deux énormes hits (« Roll with it », « Wonderwall »), pratiquement tout le reste au même niveau (juste 2 ou 3 titres plus faibles). Avec ce Cd, les Oasis avaient tout pour devenir les maîtres du rock mondial. La suite n’a malheureusement que peu souvent à voir avec la musique : de la cocaïne à la tonne, des disputes et des bagarres fratricides, l’incapacité à faire leur « boulot » (combien de concerts annulés rien qu’en France, avant la débandade finale ?), tout cela allait entraîner un lent mais sûr déclin. Aggravé par des concessions stupides à leur formule de départ, Noel voudra chanter quelques titres (il chante comme une casserole), et Liam composera ce qu’il croit dur comme fer être de bons titres (de grosses daubes en fait). Ils auraient dû s’en tenir à ce qui a fait leur succès.
En 1995, avec « … Morning glory », les Oasis étaient tout en haut, intouchables de talent au-dessus de la mêlée. Dès le disque suivant, le déclin artistique commencerait. La messe était dite …


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