PATRICE LECONTE - LES BRONZES (1978)

Club Med ou Camping ?

« Les Bronzés », premier du nom est un film culte. Dont on n’a pas le droit de dire du mal, donc …
Je pourrai donc même pas suggérer que c’est filmé avec les pieds, que le scénario est inexistant, qu’on n’imaginait pas plus belle bande de tocards s’agiter devant une caméra dans une succession de gags tous plus éculés (de ta mère) les uns que les autres … « Les Bronzés » est d’une complaisance, voire d’une autocomplaisance dont un type comme Godard ne s’est jamais approchée, même dans ses pires moments …
Ceci étant, pour le pauvre Leconte (est pas bon), voir son blaze voisiner avec celui de Godard est déjà très nettement le surestimer. Non, Leconte (est pas bon), c’est juste un Max Pecas peinturluré rive gauche … enfin, si tant est qu’on puisse situer Clavier (copain comme cochon avec le nabot Sarko) à la gauche de quoi ce soit…
« Les Bronzés » est déjà très bien comme ça … on peut juste regretter qu’il manque au casting Bigard et Dubosc. Pour « Les Bronzés 4 » peut-être …
Y'a pas de quoi être fiers ...
Plus je regarde ce film (une fois tous les dix-quinze ans à peu près) plus il me gave, avec son interminable litanie de clichés beaufs (non, Jugnot fait pas exprès de ressembler à un personnage de Cabu, il est aussi con dans la vie que dans ses films), voire une condescendance raciste (ces scènes dans le village Ivoirien, comme quoi les relents rances du colonialisme ont la vie dure), l’enfilade des clichés machos dignes des discussions d’un apéro prolongé dans un quelconque bar de la Poste.
J’ai jamais entendu les prétendus gens de gauche (Balasko par exemple) impliqués dans cette chose faire la moue devant ce qu’on voit à l’écran (elle a d’ailleurs été des deux suites de ce machin). On voit par contre tous ces minables se précipiter dans les fauteuils rouges du cacochyme Drucker vendre la dernière daube à laquelle ils ont participé, ou chanter faux une reprise de Serge Lama chez les « Enfoirés », comme quoi l’autogestion bordélique limite anarchisante du Splendid (on est une communauté, on partage tout, ce genre de sornettes claironnées haut et fort à l’époque …) a vite touché ses limites, une fois les premiers brouzoufs arrivés …
« Les Bronzés », c’est tellement con qu’il y a même deux ou trois gags (parce que c’est pas un film, c’est juste une suite de gags) qui me tirent un sourire quand je suis de bonne humeur …
Quand on pense que leurs « concurrents » (l’équipe du Café de la Gare, qui en accueillera par la suite quelques-uns du casting des « Bronzés ») sortaient des films comme « Les Valseuses » lorsqu’ils donnaient dans le cinéma …
Preuve ultime du mauvais goût de la chose (et des gens qui l’ont faite) : Gainsbourg a filé pour la B.O un de ses pires titres jusque-là (il a fait « mieux » dans sa période Gainsbarre), le pitoyable « Sea, sex and sun ». Nettement moins mauvais que le mantra « Darladirladada » qui revient toutes les cinq minutes, mais quand même …
Je ne saurai terminer sans remercier la maison Studio Canal pour la qualité de ses Dvd dotés de zéro bonus et d’une qualité d’image digne d’une VHS nord-coréenne des années 70 … Sans doute pour  que la fête soit complète …